Bye bye !

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Published in: on mars 14, 2009 at 1:49  Laisser un commentaire  

Bovarite aiguë

Ces livres ne sont pas des produits
nous les avons lus
et nous en avons fait une critique

 « C’était le début de l’été, il faisait très chaud dans ce petit village pourtant à peine au sud de la Loire. Sous la fenêtre, le paysage s’étendait à perte de vue. Le jardin, le verger, les prés et les champs de blés, jaunes sous le ciel bleu. Elle se souvenait d’avoir un jour vu une reproduction d’un tableau de Boucher, c’étaient ces couleurs-là – ce jaune d’or et ce bleu. Ecœurant ! Baroque à ce qu’on lui avait dit, était-ce comme cela que l’on disait charnel ? Le jaune et le bleu n’étaient là que pour souligner le rose des chairs lascives. Comment pouvait-on attacher autant d’importance à ces futilités ? Moments de plaisir un peu vague… et puis tout passe… »

extrait de Un devoir ?  de Penvins
Devise : « L’art n’est pas compatible avec le devoir conjugal.  »

source

Published in: on mars 2, 2009 at 10:51  Laisser un commentaire  

Un vieux maître

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Published in: on février 26, 2009 at 10:27  Laisser un commentaire  

Contraventions

« Je laisse de longues cheminées effilées lâchant mollement leurs fumées 
vers les halos du soleil fade, lointaines, multiples, des complexes 
s’organisent autour, et des pylônes barbelés me traverser la tête, Tancarville se 
redresse, le ruban défile sous mes engrenages cliquetants et mes gommes, dans le 
sourd et l’acerbe de leurs frottements, fusion de mes roues sur mes arrivées. 
Mes arrivées chavirent, sombrent, de vieux bateaux mélangent leurs 
couleurs glauques et ferraillées aux trains métalliques posés sur le ballast 
des briques de la gare; les gens s’emmêlent dans ma tête, les bâtiments et 
les couleurs m’étouffent, je ne comprends rien à l’environnant, j’erre, le 
pas incertain dans des rues qui ne me ressemblent pas. Et puis idiot, je 
regagne mon domaine, m’accroche à ma voiture, le vent frais me tanne la peau, 
je m’enroule les bras autour du corps, mon regard scrute, l’instant est 
dans sa magie, à fleur de nerfs. 
Je suis du regard de longues files de véhicules disciplinées, 
s’arrêtant aux tricolores, redémarrant en cortège, des voitures policières déboulent, 
je suis chahuté par les flots incessants de véhicules, je ne vois pas la 
sienne. Elle accroche ses yeux sur moi pour la première fois, la légèreté de 
son être m’envahit. Je me dépose entier à sa portière, pénètre son habitacle,
nos baisers premiers nous situent dans l’espace, d’un point à un autre 
point, je trace du doigt la ligne de ses lèvres, découvre sa peau, ses 
odeurs, ses yeux se brouillent, son pantalon jupé- brodé arabesque mes 
sens, son ocre rouge me brûle, je joue du regard sur le lacet de son corsage 
opalin, nos mains s’étreignent, se frôlent, effleurement sensuel, 
plonger dans sa bouche, cormoran, la mer est comme son corps, fuselé, 
m’immerger, recevoir ses fluides, briser le vague de l’instant, condenser le flou, 
comprimer nos poitrines houleuses, nous nous embrassons, nos souffles 
se font sensibles. 
Et l’on reste des instants sans interdits, malfaiteurs de la prohibition charnelle
Nous sommes hors la loi en amour.
Le parking nous stationne, nous ne dînerons pas !
 »

(To be continued)

 

Guillaume est membre du Cercle des poètes inconnus

Published in: on février 25, 2009 at 11:05  Laisser un commentaire  

Le fin mot de l’histoire

(Extrait de la recension des Gens, de Philippe Labro, parue ce jeudi dans Le Monde)

…Voici, en face d’elle, Marcel Martial, alias Marcus Marcus. Fils de modestes employés, autodidacte acharné, il est l’animateur vedette, le producteur le plus en vue et l’un des principaux actionnaires de la « chaîne » qui mérite bien son nom. Un homme en mal d’amour, comme Maria, comme tant d’autres « gens »…

Cette fresque contemporaine est ponctuée de réflexions du genre : « Nous nous parlons tous à nous-mêmes, et ce dialogue entre le moi que nous sommes et celui que nous voudrions être permet de mieux mesurer notre solitude et mieux écarter les tentations de nos mensonges. » Une vingtaine de pages plus loin, à propos des dangers de la passion : « On peut en guérir aussi rapidement qu’on en a été atteint, à condition que la colère et la lucidité que provoque l’offense prennent le dessus sur le sentimentalisme et sur la nostalgie d’un bonheur déjà obsolète. »

A ces sentences, qui alourdissent le roman, on préfère les histoires. Philippe Labro sait regarder « les gens » et les raconter avec tendresse. Quand Marcus Marcus visionne par hasard l’une de ses émissions et s’aperçoit de sa calvitie naissante, nous avons droit à une délicieuse explosion. Comment se fait-il que personne n’ait pensé à le prévenir de ce désastre en cours, que personne n’ait songé à lui dire : « Vous savez, monsieur, il commence à y avoir un problème, là-haut ? » Tout aussi réussi est l’affrontement hors antenne de Marcus Marcus avec un fauve encore plus redoutable que lui : cet homme politique de premier plan, à la carrière ruinée par des poursuites judiciaires, mais encore capable de mordre, sinon de tuer, dans un dernier souffle…

Ne racontons rien de l’histoire. Disons simplement qu’après avoir « été aimé du public, mais jamais d’un être précis », Marcus Marcus va s’apercevoir « que le besoin d’aimer l’emportait sur celui d’être aimé ». Quant à Maria… « Avant de devenir une image, j’ai besoin de savoir qui je suis vraiment », lance-t-elle sagement à « des gens » qui se cherchent eux-mêmes, malgré les apparences. Elle ne veut pas « arriver à la lumière sans avoir fouillé l’ombre ». Oui, on peut être sage à 20 ans. C’est souvent plus tard que les choses se gâtent…

Robert Solé est « critique ».

Source

Published in: on février 20, 2009 at 8:19  Laisser un commentaire  

Un mythe est mort

Bien, puisque l’on me demande mes petites manières, je vais m’expliquer même si l’explication ‘tue’ quelque peu le mythe …

***
Tout d’abord, j’écris quand je le sens. Je mets parfois des journées et des journées à composer mon histoire, je reviens dessus plusieurs fois de suite, je change des passages, des noms, des personnages, je reviens parfois sur mes premières idées … en clair le texte évolue constamment durant la phase écriture … ce qui est fixé un jour peut se retrouver changé le lendemain !
***
Je peux écrire les histoires tout d’abord sur papier (quand je sais que je devrai vraiment les retravailler) ou alors j’attaque directement avec l’ordi et parfois même directement sur mon blog (ben oui, c’est un peu pour ça que je l’ai créé car en-dehors de cette page, les récits ne sont enregistrés nulle part !!! horreur !!!), continuant le récit quand j’en ressens l’envie profonde.
***
Il faut d’ailleurs que le récit m’attire … c’est un peu sexuel comme mot mais c’est exactement de cette façon que ça marche … et dans ce domaine précis, je suis assez éclectique ! Mes idées me viennent naturellement (‘tain ça fait peur de dire ça !) … parfois en dormant (dans ce cas, je note cela dans mon cerveau et je le retiens jusqu’au jour prochain), parfois en écoutant une chanson, parfois en lisant un livre, parfois en regardant un film (et pas toujours en rapport avec l’histoire que j’invente … vous n’imagineriez pas ce que j’ai pu sortir de ‘la mélodie du bonheur’ !!!). Mais quoi qu’il en soit, il faut que l’idée me percute, que je puisse déjà imaginer le tout presque comme un ciné mental. Si les images me viennent et me plaisent, je garde … sinon, c’est corbeille !
***
Lorsque j’écris, j’aime le calme, je ne rechigne jamais contre un bon verre de vin (Chateauneuf cuvée mon père de JC Bonvin ou alors un Sainte-Croix-du-Mont du château Lafaurie … mais rien que du français, je suis catégorique sur ce point !), un soupçon de musique (Brel, Brassens, Ferré, Ferrat, Piaf, Grecco, Dalida, Barbara) ou même la télévision … j’ai écrit ‘le coeur du chasseur’ avec ‘Dawn of the dead’ devant les yeux !
***
Enfin, je peux aussi me retrouver inspiré par une simple image ou par un style. Dans le cas Lovecraft, ce sont surtout ses imageries qui me parlent tandis que le style me laisse un peu froid. Dans le cas Jean Ray, je ne suis pas toujours sensible à ses histoires mais son style me parfume le cerveau durant des heures. Tout dépend vraiment de mes attentes et de mes envies du moment.
**
Quant à mon inspiration : HP Lovecraft, bien sur, Jean Ray surtout, Thomas Owen évidément, Bernard Simonay, Laurent Botti, Peter Straub, Stephen King dans une moindre mesure, Arthur Machen parfois …
***
Et puis, s’il n’y a qu’une chose à retenir : mes envies sont changeantes et versatiles, mes goûts aussi … mes écrits le seront assurément !
***
Dorian Gray est Dorian Gray. What else ?
Published in: on février 20, 2009 at 8:15  Laisser un commentaire  

bon…

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Published in: on février 20, 2009 at 8:11  Laisser un commentaire  

à grands coups d’ailes… dans le vide.

Vous

 

Je fus accro à vos dentelles

Comme un hibou aux fils du soir

A perdre haleine à grands coups d’ailes

Pour vous surprendre dans le noir

 

Je fus accro à vos dessous

Comme trois sous à la bohême

Pour vous faire rire et croire surtout

La vérité de vos je t’aime

 

Je fus accro à vos émois

De vos jouissances sonores

Dans le grand jeu de vous et moi

J’en ai le cœur qui tremble encore

 

Vous vous vous vous et un peu moi

Vous fûtes madame servie

Et si je vous quitte aujourd’hui

C’est pour penser un peu à moi.

 

Jean-Baptiste est  » poète « .

 

Source

Published in: on février 20, 2009 at 8:09  Laisser un commentaire  

Normandie, terre de contrastes

La Normandie, bien qu’emplie d’un charme mélancolique et mystérieux, est une région de bocages et de marais où il ne fait pas bon errer dans les bois bourbeux par les nuits d’automne. Le sol est parfois si imbibé d’eau qu’il est alors très facile de s’y enliser corps et âme. Bien que l’on raconte précisément que, parfois, les âmes de ces infortunés promeneurs illuminent encore de leurs incandescents feux follets, les plus sinistres des marécages et que leurs derniers soupirs végètent et palpitent à l’infini sur les eaux glauques et limoneuses.

De plus, Pierrot n’avait pas envie de faire trop attendre « bobonne » qui ronchonnait déjà bien assez à son goût sans ajouter à cela un retard de plus. A l’heure qu’il était, la soupe devait déjà fumer dans son assiette bien pleine et son estomac commençait lui aussi à s’impatienter. Il avait hâte de réchauffer ses pieds gelés au coin du feu, un bon verre de cidre à la main et le ventre rond de contentement.
– Diane ! Cotchu de vieux cotchu d’chien ! T’vas ramener ta truffe par là où j’vas t’met’ un coup d’pieds au tchu ?

Salomé Dust est auteur / scénariste.

Par elle même :

Née en septembre 1976, je vis dans un hameau retiré de l’Aveyron, en France. Très tôt, je tombe amoureuse des auteurs fantastiques du dix-neuvième (Stoker, Le Fanu, Wilde…) puis, pour les plus « contemporains », de Lovecraft. Je me plais à rêvasser à ces atmosphères gothiques et surannées. Je commence tout d’abord à rédiger des poèmes où apparaissent spectres et vampires que j’essaie de faire danser au rythme des rimes. Puis, poussée par l’envie de raconter des histoires, j’essaie le format nouvelle… Marier beauté et épouvante, voilà ce que je tente de faire avec mes nouvelles et mes poésies.

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Published in: on février 17, 2009 at 4:57  Laisser un commentaire  

Art plumitif

« Une petite précision pour l’ami François Bon: ma réaction sur la mort de littérature comme accroche publicitaire de mag-lit était uniquement liée à l’accroche non-littéraire publicitaire d’un mag-lit sur la mort de la littérature. Ceux qui y ont répondu ne sont pas, parce qu’ils y ont répondu, nécessairement des plumitifs. Qu’est-ce qu’un plumitif? Un plumitif, c’est nous, demain, aujourd’hui, si on tort si on travers. Je m’agace devant la question, pas devant les réponses. Comme disait Sinead O’Connor au Pape: don’t miss your ennemy. Ceux qui ont répondu à cette question y ont répondu, pour certains, intelligemment. Alors n’attendons pas qu’un blog demande: le blog littéraire est-il mort? Que jamais notre entraide ne devienne une partie de paint-ball. »

Claro a quelque fois une plume dans les doigts.

Source

Published in: on février 17, 2009 at 1:06  Laisser un commentaire  

Ceux-là n’écriront plus…

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Published in: on février 17, 2009 at 1:05  Laisser un commentaire  

Jess, he Kaan

Bilan 2008 et résolutions 2009


BILANISONS !
L’année 2008 a très bien commencé avec la parution en février du texte coécrit avec Antoine Lencou, c’était dans
Lanfeust Mag.
Diverses annonces de textes sélectionnés me procurèrent une grande joie d’autant qu’ils se doublèrent de la parution de 
Mater Tenebrosa en Espagne.
Puis vint une grande période de rien. Refus qui s’accumulent, vous donnent l’envie d’aller jardiner… Bien que retravaillé, le roman
Alvogne n’a pas retenu l’attention des éditeurs et j’avoue que ce blocage ne m’a pas incité à reprendre le roman sur Londres. 
Quitte à se faire lourder, autant que ce soit avec des nouvelles…
La bouteille de vodka a quand même amorcé un mouvement de descente inexorable.  
2008 : peu de salon excepté Coudekerque-Branche, près de Dunkerque. Un salon sympathique et Les Utopiales, qui ne me laisseront pas un souvenir impérissable. 

Et voilà qu’arrive 2009.
2009 / nouvelle année : l’occasion de prendre de bonnes résolutions 
1) Cuisiner, miam…
2)écrire et lire davantage. 
3) corollaire de la seconde, ne plus perdre son temps sur les forums de discussion. 
Soit dit en passant, je peux être trouvé sur facebook 
http://fr-fr.facebook.com/people/Jess-Kaan/1000624102
et j’espère remettre en service mon forum de discussion… 

2009, après Eidonius, reprendre le roman sur Londres, d’autant que j’ai enfin solutionné la question du prologue… Comme quoi, il est nécessaire de laisser reposer ses textes.
Ah et j’allais oublier, il se murmure qu’un recueil de nouvelles type fantastique / horreur pourrait voir le jour.

Voilà, tout est dit… 
A part
BONNE ANNEE 2009 A TOUTES ET TOUS.

Jess

 

Jess Kaan est « auteur de fantastique, sf, fantasy. »

 

Source

Heureusement, en septembre, Les éditions Mille saisons ont décidé de publier le roman d’Eidonius, il y a du boulot de corrections, mais au moins je sais où je vais.

Sur l’ensemble des textes, beaucoup ont souffert de retard et ne sortiront qu’en 2009, par exemple l’Intrigue chez dreampress.com.

ce que je retiens. 
2008 fut surtout l’occasion d’expérimenter l’écriture à 4 mains avec Antoine Lencou. Outre le texte paru dans Lanfeust, nous avons coécrit une autre nouvelle épistolaire à paraître dans une antho dont je ne dirai rien de plus, l’anthologiste n’ayant pas communiqué davantage et nous avons souffert sur un 3EME texte dont je vous reparlerai ultérieurement.
La note de France Telecom nous a rappelé qu’il fallait posséder un abonnement illimité* !
En tout cas, pour ce troisième texte, nous avons ressenti une empathie sincère à l’égard de notre perso…

Published in: on février 17, 2009 at 12:44  Laisser un commentaire  

Bonnet d’âne

L’Auteur

L’année 1959 aura été marquée par deux événements capitaux : une canicule, pas meurtrière pour deux sous (de là à penser que les vieux ne sont plus ce qu’ils étaient…), et la naissance de Cyrille Audebert.

La face du monde aurait dû en être bouleversée, mais Cyrille, conscient de ses fabuleuses possibilités, mettra toute son énergie à passer inaperçu : un peu d’humilité ne peut pas nuire.

Il n’y a guère que ses professeurs de français, invariablement séduites par son charme légendaire, qui se souviennent encore de lui, une larme à l’oeil et les mains tremblantes d’un désir toujours intact…

C’est aussi à cette période qu’il écrira ses premiers grands succès. Sa Lettre au père Noël 1965 reste ainsi un modèle du genre, moult fois copiée, jamais égalée.

Tour à tour fort des Halles, artisan d’art, vendeur ambulant, publicitaire, plombier ou chauffeur de maître, où donc son impressionnante stabilité allait-elle bien pouvoir le mener ? Tout naturellement vers la commercialisation de lingerie féminine, et l’écriture de nouvelles et romans déjantés.

Egalement fondateur sur Internet de Tir Na N’og et Cie, site d’aide à l’écriture pour les auteurs amateurs, dont il est le monarque incontesté, Cyrille Audebert vient de faire paraître son deuxième roman policier, Un temps de chien, la suite de L’Evangile selon Jacques Lucas qui était déjà un énorme succès dans sa famille, et même un peu plus.

Un peu d’humilité…

Cyrille Audebert est donc auteur amateur de polar et commercial en lingerie féminine. Et humble, avec ça.

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Published in: on février 16, 2009 at 7:43  Laisser un commentaire  

(Chaval)

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Published in: on février 15, 2009 at 7:39  Laisser un commentaire  

Variation I sur Coucou / Hibou

La Forêt somnolente…

Dans la forêt profonde, on entend le hibou…

Hibou ! Hou-hou… Hibou…

Non ! C’est pas ça…

Dans la forêt lointaine on entend le coucou…

Coucou !

Heu… si la forêt est lointaine comment on peut l’entendre ??????

Et pis, est-ce qu’il pond dans la forêt épaisse, à l’intérieur, ou sur les côtés ?

Moi si j’étais lui, je m’enfoncerais pas trop…

On sait jamais !

Et pourquoi vouloir réveiller une forêt qui dort ?

N’est-elle pas mieux ainsi?

Tranquille sous la neige…

Rendons hommage à la Vie, de la naissance à jusqu’après la mort.

Quand les restes des anciens deviennent terreau pour les nouvelles générations.

Marchons en silence…

Ne dérangeons pas le Hibou qui somnole…

Dans sa Forêt!


Vinosse est ornithologue, parfois.

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Published in: on février 15, 2009 at 7:24  Laisser un commentaire  

I was feeling insecure

Extrait du blog de Frédéric Roux :

A remplacer Sollers par Bégaudeau, je ne sais pas si l’on gagne au change. 
Le premier fait de plus en plus penser au vieil oncle un peu gâteux en visite le dimanche après-midi (à Sabres dans les Landes) ; on conseille aux petites filles d’aller jouer plus loin (il les tripote), on sort la bouteille de scotch avec de l’eau dedans (quand il est saoul, il bave) et on se prépare à passer deux heures assommantes à l’écouter être « intelligent » comme avant-hier. Une fois que l’on a réussi à s’en débarrasser en lui collant des biscuits à la cuiller dans les poches du pardessus, on se regarde et on soupire : « Et encore jusque là, ça va, il est à peu près propre ! » 
J’ai un peu peur de finir de la sorte. 
Pour ce qui est du second, 
tous les jours, je remercie Dieu (plutôt leur mère) d’avoir trois fils, d’à peu près son âge, dont aucun lui ressemble.

Pourquoi les vieux rockers sont ridicules et les vieux bluesmen élégants ? 
Peut-être parce que les uns bougent et pas les autres.

Onze écrivains : Frédéric Beigbeder, Emmanuel Carrère, Marie Darrieusecq, David Foenkinos, Bernard-Henri Lévy, Marie N’Diaye, Olivier Rolin, Marjane Satrapi, Chantal Thomas, Jean-Philippe Toussaint et Abdourahmane Waberi ont été sélectionnés pour représenter la France lors du Festival of New French Writing qui aura lieu à New York, fin février .
Avec une équipe de cette qualité, tous ces Kopa, tous ces Benzema, on va les torcher les amerloques !
Ce qui est formidable, c’est que le réservoir est si riche que l’on pourrait composer une équipe B du même niveau : 
Olivier Adam, Philippe Besson, Eric Chevillard, Jean-Paul Dubois, Annie Ernaux, Yasmina Khadra, Mathieu Lindon, Eric Reinhardt, Olivier Rohe, Colombe Schneck, Fred Vargas. Et même une équipe C : Eliette Abécassis, Stéphane Audeguy, François Bon, Nina Bouraoui, Marc Dugain, Jean Echenoz, Faïza Guéne, Regis Jauffret, Cécile Minard, Joy Sorman, Tanguy Viel. 
Sans compter tous les jeunes qui poussent derrière… Henry Bauchau, 
Alice Ferney, Jean-Claude Guillebaud, Jean Hatzfeld, J.M.G Le Clézio, Pierre Michon, Patrick Modiano, Erik Orsenna, Katerine Pancol, Yann Queffelec, Gonzague Saint-Bris,  j’en passe et des meilleur(e)s.
N’en jetez plus la cour est pleine !
Et 1, et 2 et 3/0 !
On est les champions ! 
On est les champions !
On est, on est, on est les champions !

Flèche du Parthe (avec embout en caoutchouc) : à propos des autorités culturelles françaises aux Etats Unis et de leur professionalisme au dessus de tout reproche, cf « Ma bourse Stendhal » in Varia.

Extrait de l’article Ma bourse Stendhal, par Frédéric Roux : « Du 11 septembre (date de mon arrivée) au 20 novembre 2008 (date de mon retour), mon séjour aux Etats-Unis s’est parfaitement bien déroulé, tout au moins en ce qui concerne la partie la plus « utilitaire » de mon voyage, la seule qui, en définitive, compte à mes yeux.Quinze mille kilomètres de la côte est à la côte ouest et retour, de quoi s’imprégner de l’ « Americana » qui est le sujet du livre que je désire écrire bien davantage que la biographie au sens anglo-saxon du terme de Muhammad Ali qui en est à la fois l’axe et le pré-texte. »

Frédéric Roux est un écrivain tout imprégné d’Americana, ce qui en faisait un candidat de choix pour représenter la France aux Etats-Unis. 

 

Source

Published in: on février 14, 2009 at 10:03  Laisser un commentaire  

IPod what ICan

Cela devait finir par arriver : me voici « taggué » par mon estimée collègue Desperate librarian housewife. La règle du jeu : « activer le mode aléatoire d’un Ipod et donner en réponse aux questions la chanson qui passe à cet instant ». J’aurais eu toutes les raisons du monde de décliner cette sympathique attention : d’abord parce que ma discothèque est rangée sur des étagères à CDs et non pas dans mon ordinateur, encore moins dans un « Ipod »… Ensuite, il ne s’agit pas, pour l’essentiel, de chansons mais de musique instrumentale, ce qui se prête nettement moins bien à ce genre de portrait chinois. Faute de IPod et autres ITunes, ce fut donc le mode « lecture aléatoire » de ma playlist WindowsMediaplayer. Et j’ai limité le jeu aux quelques chansons qui traînent en ce moment sur mon ordinateur. Comme on pourra aisément le deviner vu le caractère passablement loufoque de ce qui va suivre (encore que…), je n’ai pas triché. Le résultat est, selon l’expression consacrée, « troublant » :
Comment je me sens aujourd’hui : Grow, grow, grow, PJ Harvey.
Comment les autres me voient : That’s my people, NTM.
L’histoire de ma vie : Anonymous, Erik Truffaz.
La chanson de mon enterrement : Senza fine, de Gino Paoli, par Peggy Lee.
Ce qui me donne de l’énergie dans la vie : Leave me alone, Natalie Imbruglia.
Comment être plus heureux : Sorry, An Pierlé.
La meilleure chose qui me soit arrivée : What’s a girl to do, Bat for lashes.
Comment décrire ce qui me ravit : Passenger seat, Death Cab for Cutie.
Comment je vois mon travail : Separate ways, Teddy Thompson.
Ce que j’aimerais dire à mon patron : Need I say more, Gary Cherone.
Comment je vois l’amour : We carry on, Portishead.
Comment je vois la sexualité : All is full of love, Björk.
Ce que mon blog représente pour moi : Autumn song, Scrooge.
L’exercice aura au moins permis de révéler combien mes goûts me portent naturellement vers les chansons joyeuses. Le propre d’une chaîne, si j’ai bien compris, est de ne pas être rompue : j’invite donc à se prêter à ce petit jeu puéril* mes amis et/ou commentateurs […] Je ne leur en voudrais pas s’ils se font porter pâles !
Insula Dulcamara cite.
* Et nous soulignons…
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Published in: on février 14, 2009 at 7:51  Laisser un commentaire  

Ankou pour rien

Goéliande

Très tôt en ce matin d’avril, le soleil avait percé les brumes, et baignait maintenant de sa chaude clarté le sommet de la falaise. Marchant sur un chemin de terre qui serpentait entre des buissons et des arbustes, Abigail, une jeune femme de vingt-trois ans vêtue d’une austère robe noire lui arrivant aux chevilles, s’avançait vers le bord du géant de grés et de calcaire qui surplombait l’océan, et au pied duquel venaient s’écraser les vagues. Elle s’immobilisa bientôt, laissant le vent jouer avec sa robe et sa chevelure brune, et fixa l’horizon. Ses yeux sombres, empreints de tristesse, restèrent en alerte, cherchant à découvrir au loin les voiles duCor-Nac, un bateau de pêche dont elle guettait le retour depuis cinq ans.

C’était par une froide après-midi de janvier qu’il était parti, alors que de violentes tempêtes étaient annoncées. Mais le vieux Joss, le maître du navire, ne pouvait renoncer à aller pêcher la morue malgré le mauvais temps. Le Cor-Nac qui avait été autrefois un fier et solide morutier, emmenant souvent son équipages vers des eaux lointaines, était devenu au fil des années une triste carcasse, bonne à prendre une retraite bien méritée. Joss devait acheter un autre bateau, et ses hommes étaient prêts à faire front avec lui, à travailler sans relâche dans n’importe quelles conditions, afin de partir bientôt sur un nouveau morutier, un Cor-Nacflambant neuf. C’était donc pour cela que le bateau avait pris le large, la cale remplie de blocs de sel dans l’espoir d’une pêche abondante, malgré la désapprobation de tous ceux qui étaient présents quand il avait levé l’ancre. Parmi eux, il y avait Abigail, qui avait supplié Yann, un garçon de vingt ans qu’elle devait épouser une fois l’été venu, de renoncer à embarquer. Mais le jeune homme lui avait dit qu’il avait toute confiance en Joss, et que si le Cor-Nac n’avait plus vraiment fière allure, il demeurait néanmoins encore suffisamment solide pour affronter les pires tempêtes.

Patrick S Vast est « auteur de l’imaginaire ».

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Published in: on février 13, 2009 at 2:05  Laisser un commentaire  

Oui… Bon… Enfin… Non…

Petite cuisine du diable, Poppy Z Brite

 

Lu en 2007

Un peu déroutant. L’univers reste le même, La Nouvelle-Orléans, le fond sonore, les méandres et les ombres inquiétantes de la cité… Cependant le livre parait plus léger, moins extrême. Comme si la vivacité habituelle de Poppy Z Brite s’était affaiblie. Elle le précise dans sa préface mais cela reste tout de même surprenant. Certes, si l’on compare avec le corps exquisÂmes perdues et ainsi de suite, il n’y a pas à douter de l’infériorité de ce livre… Cependant, comment juger ! Le bouquin reste très appréciable. Et quoi de plus agréable que de suivre plusieurs générations dont les péripéties se déroulent dans cette bonne vieille Nouvelle-Orléans !

Les nouvelles sont bonnes, mais il y a un coté répétitif dans tout cela ! Une certaine lassitude si je puis dire m’a envahi à certains moments… Toujours les mêmes thèmes, mais sans nouveau… Fascination pour les corps, surtout ceux de deux hommes qui s’aiment, le goût prononcé pour le gore et l’étrange et puis ce leitmotiv autour de la cuisine ! Certes cela n’est pas déplaisant, cependant lorsque l’on compare avec les œuvres précédentes, on ne peut nier que la répétition est là et qu’elle est effectuée avec mon de talent ! D’où une certaine déception. Ceux qui n’auront rien lu de PZB, trouveront ce recueil excellent, mais pas ceux ayant goûté au paroxysme de son écriture. Non, c’est évident !

Bon, il ne faudrait pas être vache non plus ! De plus on ne peut se permettre de juger de l’infériorité d’un bouquin… Et puis, cela reste tout de même un voyage au cœur de la Nouvelle-Orléans… Je dirais que l’on passe d’un extrême à l’autre dans la qualité de ces nouvelles. En effet, Le marais au lanterne, fabuleuse, emplie de mystères et de magie noir, détrône toutes les autres, et les relègue loin, loin… Mais cette idée du docteur Brite et la psychologie magnifique de certains persos touche egalement… Enfin ce n’est que mon avis ! Et il faut admettre que certaines nouvelles sont incompréhensibles et la plupart décevantes…

Mais bon, ce livre vaut la lecture, rien que pour ce rendre compte de l’excellence des autres œuvres… Et puis PZB, nous offres, tout de même de bonnes nouvelles… Qui ne laissent pas insensible ! Le lecteur novice trouvera dans la cuisine du diable, des nuits tourbillonnantes dans l’ivresse de l’absinthe, un érotisme parfois torride, de beaux paysages crépusculaires et des personnages forts. Du Brite, pour résumer🙂 mais avec légèreté ! Ne pas l’oublier… Les lecteurs mordus ne retrouverons que la répétition de se qui a déjà été exploré, et en moins bien…

Disons que ce livre, pourrait servir pour tous ceux qui ne connaissent pas encore l’une des plus talentueuses plumes, de prologue… Et pour moi et tout les amoureux de cette dame, ce recueil restera tout de même une bonne délectation…

Bref, ce petit guide culinaire écrit par le Diable lui-même, reste au final, un petit joyau macabre, qui est certes moins bon que les précédents, mais que l’on aime malgré tout.

 

Scarabée lit au clair de lune.

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Published in: on février 10, 2009 at 6:38  Laisser un commentaire  

SIMulacre

Les vendeurs de téléphones mobiles ne savent plus quoi inventer pour attirer le chaland.
Depuis près de 4 ans, j’essayais tant bien que mal de m’en sortir avec une “mobitruc” mais j’étais toujours en train de la recharger et mon ancien téléphone était moribond. Alors, résignée, je suis allée hier au magasin de 
FranceTélécon pardon au magasin de “jaune + rouge” (toujours commencer par la couleur la plus “faible” pour faire vos mélanges, sans ça on gaspille la peinture), magasin flambant neuf, très moderne, avec une liste d’attente tellement il y avait du monde, et très inconfortable (le vendeur est assis, le client debout…). Donc, me voilà achetant un forfait avec un nouveau téléphone.
De retour chez moi, je sors l’engin et constate que j’ai déjà dedans de la musique dont je me contrefous ainsi que plein de sonneries différentes mais aucune qui ne me plaise et aussi plein de fonctionnalités auxquelles je comprends que tchi.
Je décide donc de laisser de côté le superflu et de me consacrer à l’opération chirurgicale nécessaire et suffisante : transférer ma carte sim de mon ancien téléphone au nouveau (avec l’aide de mon amoureux, plus doué que moi question technologie). L’opération réussie, je constate que j’ai un message nouveau dans ma nouvelle boîte vocale + tout un tas de SMS me disant que bravo, j’ai changé de téléphone etc. Je me résigne tout de même à écouter mon message vocal m’informant sans doute, comme les SMS, que j’ai changé de téléphone au cas où je ne m’en serais pas aperçue…

Or voici que la voix dans la boîte est celle de Philippe Camand de l’ARALD m’informant que je viens de gagner quelques sous et ce n’est pas une promo de “jaune+rouge” mais un deuxième prix littéraire pour Les Mains gamines: le Prix Rhône-Alpes du livre 2009.

Tout ça c’était il y a à peine quelques jours…

Je me sens d’autant plus chouchoutée que la même région Rhône-Alpes vient d’attribuer un autre prix à un autre de mes livres :  Les Adolescents troglodytes, c’est tout chaud, a gagné lePrix Rhône-Alpes de l’adaptation cinématographique d’une œuvre littéraire contemporaine. C’est encore dans mon nouveau téléphone que la belle voix du président du jury m’a appelée à ma sortie du collège. Ce prix a pour but de favoriser l’adaptation du livre au cinéma.

 

Emmanuelle Pagano n’est pas, « contrairement à ce qu’on pourrait croire, […] sur “facebook”… »

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Published in: on février 8, 2009 at 11:28  Laisser un commentaire  

Un peu d’auto fiction romancée

Abigail, rapport d’une âme errante (quatrième de couverture)

 

Abigail est la vision d’un amour impossible, un Roméo et Juliette souillé, névrosé, sans fric et même pas d’arme pour s’en tirer. C’est la mort d’un amour impossible entre deux êtres qui ne se déchirent pas, entre deux êtres invisibles, transparants, deux âmes perdues au beau milieu d’un Paris bien vivant, bien présent pendant que ces deux là sont absents et presque morts.

 

Abigail a été écrit en journal de bord, c’est de l’auto fiction romancée et exagérée. Une envie de partager un ressenti morbide de quelques mois en le décrivant sur papier.

 

Emmanuelle Laurent est auteur de pièce de théâtre et metteur en scène avant tout. Elle s’essaye à une écriture plus poussée, éphémère et désordonnée afin de se présenter. A 25 ans, elle est l’auteur de deux pièces de théâtre et met en scène des pièces qui ne sont pas forcément d’elle.

Modèle photo et photographe également, elle entreprend en ce moment un reportage sur les contrastes de la vie parisienne

 

Emmanuelle Laurent est donc auteur de pièce (s) de théâtre, metteur en scène de pièces qui ne sont pas forcément d’elle et cetera

Et Léo Scheer est éditeur.

 

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Published in: on février 7, 2009 at 11:30  Laisser un commentaire  

Tweedledee-dum. Dum ? Dee. Non, dum, plutôt.

Synopsis or not synopsis: Faut-il rédiger un plan complet de son roman AVANT d’avoir fini de l’écrire?

Le 1er mars, j’ai un entretien avec un « script doctor » à la Jewish Book Week. Pendant 50 minutes, Tiffany Murray va me donner des conseils pour progresser dans mon écriture. Le seul problème, c’est qu’il faut que je lui envoie 2000 mots d’ici la fin de la semaine. D’où le dilemne suivant: * Est-ce que je lui envoie un synopsis de mon second roman? Le hic, c’est que j’écris mon roman en français. Donc il faudrait bien sûr que je rédige mon synopsis en anglais. Pas forcément évident, quand on a l’habitude de « penser » ses personnages in French… * Autre possibilité: je lui envoie une de mes nouvelles en anglais. J’en ai fini deux, dont une que je trouve très réussie (et qu’il faudrait que j’essaie de publier un jour!) Je vais probablement choisir d’envoyer le synopsis, car au moins, ça me forcera à réfléchir à la structure générale de mon roman. Structure, qui, il faut bien le dire, m’a posé problème dès le début. Qu’en pensez-vous? Est-ce une bonne idée de demander un avis sur un travail in progress, pas encore fini? Pensez-vous qu’il est utile de rédiger un résumé complet (synopsis) avant d’avoir fini la première version d’un roman?

Wrath survit « dans le milieu hostile de l’édition« , comme chacun sait.

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Published in: on février 5, 2009 at 8:16  Laisser un commentaire  

Accents graves

Et mon siege cassé, ma gueule ensanglantée, à peine une pensée pourrait elle me sauver. Des abris dans les corps, dans celui d’une femme, dans la pensée toujours de cette sinistre dame. N’appel pas l’amour il se pourrait qu’il t’aime et vienne de ses flammes redécorer tes veines. Ecrire comme je frappe dans des murs friables, enfoncer les étapes jusqu’au sexe premier, t’y prendre sans état d’ame et t’y faire crier, ton bonheur comme drapeau de ce que j’ai cassé. Mes mots, mes arrangements, mes faiblesses portées comme un plastron trop grand, comme un peu de fiertè. Le souvenir méchant de l’ignoble beauté qui tout prés de tes dents me tenait occupé. Et ma langue qui rippe qui me vomit de lettre. Vidé, eclaboussé depourvu de mon être.
Ferme la donc et bois le monde
Il, le monde, t’attend, te voit et tes espoir déjà il les innonde
De quoi ?
Mortenson « inventoirise »
Published in: on février 3, 2009 at 8:55  Comments (5)  

Parade

toritales

Published in: on février 3, 2009 at 8:53  Laisser un commentaire  

À la rude école de la vie

Je suis en train de terminer The Graveyard book de Gaiman (en VF, le Monde du cimetière, à paraître chez Albin Michel / Wiz), et c’est une merveille qui donne le vertige. De quoi rester songeur, aussi. Parce que dans le même temps, tout un pan de la littérature jeunesse française (et Dieu sait que je me suis fait un temps l’écho plus ou moins volontaire de cette tendance – que mes lecteurs se rassurent, toutefois, cette époque est bien révolue*) me semble souffrir d’un mal profond et pernicieux : le politiquement correct. On y exalte le courage, la loyauté, la différence – toutes qualités évidemment incarnées par des ados – comme s’il fallait coûte que coûte, et dans les plus brefs délais, imprégner l’esprit des jeunes lecteurs de ces plaisantes notions sous peine de les voir échapper ensuite, et de façon définitive, à l’emprise du bien pour basculer du côté obscur, i.e. adulte. En résumé, l’Afrique est grandiose, les Indiens sont purs, le rêve est fécond, la technologie est dangereuse, l’école est utile, et on s’emmerde ferme.
Qu’espère-t-on, au juste : éduquer, convaincre, divertir « utile » ? Réalise-t-on que, d’ici quelques années, nos chères petites têtes blondes vont se farcir du Bret Easton Ellis et du Chuck Palahniuk à la chaîne ? A moins que les auteurs ne soient tout simplement 
de bonne foi (ce qui, reconnaissons-le, constituerait une explication encore plus déprimante ; mais le cas s’est déjà observé, hélas – je connais des écrivains jeunesse qui détestent l’hypocrisie et penchent résolument du côté des opprimés) ?
[Ici photographie en noir et blanc de cimetière, Ndlr]
Régulièrement, des élèves me demandent « ce que j’ai voulu dire » avec tel ou tel livre : ma réponse est « rien ». Je ne veux pas que tu révises tes cours avec mon roman, mec, je ne veux pas que tu juges le monde, je ne veux pas le polir pour toi ou planter un poteau indicateur à chaque coin de rue : je veux que tu sortes de toi-même et que tu te prennes l’existence en pleine gueule. Parce qu’il n’y a rien à apprendre, seulement à vivre, et que les gens ne sont pas des concepts, ni les livres des recettes. Ah, ces personnages censés « porter » les enjeux du roman ! Tell me about it.
Donnez-nous des enfants pervers, bon sang, des parents incurables, des guerres sans espoir et des sourires empoisonnés ; bafouez l’innocence et glorifiez la nuit, enfin : car rien de bon ne pourra naître du bien que l’on décrète*. 
(* Bon, comme d’hab, nous soulignons, mec.
Fabrice Colin is « a writer ».
Published in: on février 3, 2009 at 1:39  Laisser un commentaire  

As-tu vu mon kiki ?

Lorsque notre petite délégation arrive à Pékin, le 11 avril 1974, la campagne maoïste de masse contre Lin Piao et Confucius bat son plein, et, pour la propagande, les Chinois sont des virtuoses. Pauvre Barthes! Il a 59 ans, je lui ai un peu forcé la main pour ce voyage, il est dans une phase épicurienne et gidienne, il a aimé sa liberté au Japon, et il tombe en plein tohu-bohu, aux antipodes de toute nuance. Le rusé Lacan, lui, vexé d’être traité par les Chinois de Paris de «vétéran de “Tel Quel”» (c’était pourtant un hommage, cela voulait dire que Lacan avait fait une Longue Marche, et c’était vrai aussi pour Barthes, constamment critiqué dans son propre pays), s’était récusé à la dernière minute, sous prétexte que sa maîtresse du moment n’avait pas obtenu de visa. Figurez-vous qu’obtenir un visa pour la Chine était toute une affaire. Mais enfin, je m’étais débrouillé pour ça.

Le vétéran Barthes l’avait mauvaise, mais, ses «Carnets» le prouvent, il a été héroïque de bout en bout, s’ennuyant à mort, prenant des notes studieuses et interminables sur les visites fastidieuses d’usines qu’on lui faisait subir, assommé par le «cimentage en blocs de stéréotypes», ce qu’il appelle des «briques» de discours répétées jusqu’à la nausée. Il a des migraines, il dort mal, il en a marre, il est éreinté, il refuse parfois de descendre de voiture pour voir de splendides sculptures. Il va d’ailleurs me trouver de plus en plus fatigant parce que, moi, je ne demande pas mieux que de jouer aux échecs chinois, de faire du ping-pong avec des lycéens, de conduire n’importe comment un tracteur local, ou d’avoir des discussions véhémentes avec des professeurs de philosophie recyclés.

Ce voyage m’a beaucoup été reproché, et c’est normal. En réalité, tout en essayant sans cesse d’imaginer comment serait la Chine dans quarante ans, j’avais une obsession simple: soutenir les Chinois, coûte que coûte, dans leur rupture avec les Russes de l’ex-URSS. La Chine devait-elle rester une colonie soviétique? Hé non. Régime totalitaire et encore stalinien? Bien sûr, mais cet énorme pays pouvait-il en sortir? C’était l’enjeu, c’est toujours l’enjeu. A l’époque avait lieu le grand renversement des alliances, Nixon à Pékin, Lin Piao s’écrasant en avion quelque part vers la Mongolie, et toujours le vieux Mao sanglant flottant au-dessus du chaos comme une feuille, le vieux Mao de Malraux, après tout, dix ans auparavant. Barthes trouvait que j’exagérais, et il n’avait pas tort, sans avoir pour autant raison. chine-sollers.jpg Fonds Roland Barthes-photo J. Kristeva-Archives Imec François Wahl, Philippe Sollers, Marcelin Pleynet, Roland Barthes et leurs guides, en avril 1974.

Que lisait-il dans le train sans regarder le paysage souvent admirable? «Bouvard et Pécuchet». Moi, c’était les classiques taoïstes. A aucun moment, sauf pour les calligraphies, il ne semble préoccupé par une langue et une culture millénaires en péril. La propagande l’assomme, il trouve le peuple «adorable», mais l’absence de tout contact personnel le jette en plein désarroi. Des contacts? Impossible, face à des foules qui vous regardent comme des animaux exotiques, des «longs nez» tombés d’une autre planète (au moins 800 personnes nous suivaient le soir, sur les quais de Shanghai). Ces «Carnets» le montrent: la Chine est pour Barthes «un désert sexuel». Et l’angoisse monte: «Mais où mettent-ils donc leur sexualité?» Pas la moindre chance de trouver un partenaire : «Qui est ce garçon à côté de moi ? Que fait-il dans la journée? Comment est sa chambre? Que pense-t-il? Quelle est sa vie sexuelle?» Devant les magnifiques grottes bouddhistes de Longmen, il boude et note d’une façon extravagante: «Et avec tout ça je n’aurai pas vu le kiki d’un seul Chinois. Or que connaître d’un peuple si on ne connaît pas son sexe?» Je doute que, se relisant plus tard, Barthes aurait laissé subsister cette phrase, consternante de vulgarité.

Passer trois semaines sans voir le moindre «kiki» (mot bizarrement infantile) était donc un supplice?

C’est vrai qu’à l’opéra (ennuyeux, sauf les acrobaties féminines) on pouvait craindre l’incident diplomatique, en voyant Barthes regarder intensément un de ses jeunes voisins chinois impassible. Le passage à l’acte aurait peut-être été révolutionnaire, mais peu souhaitable, à moins de désirer confusément une reconduite rapide à l’aéroport. Autre perle, ce cri d’effroi: «Décidément, il y a trop de filles dans ce pays. Elles sont partout.» La Chinoise, pour Barthes, n’est pas au programme, or c’est précisément cet afflux du féminin, «moitié du ciel», qui était l’événement le plus impressionnant. Barthes était-il agacé de voir Julia Kristeva mener son enquête sur l’émancipation féminine en Chine? C’est probable, et le livre qu’elle a écrit, «Des Chinoises», n’a pas manqué à son retour de provoquer des polémiques, avant d’être publié en Chine ces jours-ci. Mais Barthes ne perçoit, dans cette montée en puissance, que «matriarcat», «infantilisation», «civilisation d’enfants infantilisés». On comprend son brusque soulagement, en repassant par Pékin : «Le shopping me fait revivre.»

En réalité, l’auteur de «Mythologies» qui a été très longtemps considéré par l’Université comme un penseur terroriste était avant tout fragile, comme le dévoile son émouvant «Journal de deuil», consacré à la mort de sa mère. Cependant, le vrai, le grand Barthes n’est pas dans ces brouillons et ces fiches, mais dans ses merveilleux livres composés avec soin, «l’Empire des signes» ou «la Chambre claire». Dire qu’on ne s’est pas brouillés après cette virée improbable en Chine! Lisez donc «Sollers écrivain».

Philippe Sollers est donc « Philippe Sollers écrivain« .

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Published in: on février 1, 2009 at 10:00  Laisser un commentaire  

Paonique à bord

« La hideuse grimace humaine est enfin visible, même si personne ne la voit. Nous avons changé d’ère sous anesthésie profonde, à moins, écrit Sollers, d’entendre l’appel. Maître Eckhart dit que la vraie lumière est le Néant, la conscience de ce Néant.

La musique est l’échappée, Sollers écoute Bach, qui fut un enfant joueur, fugueur, espiègle : une sorte d’autoportrait. La musique et la littérature se pensent en vous, lorsque vous êtes réveillés du grand sommeil, enfin nés, « à côté » définitivement.

Philippe Sollers : au commencement est un atome explosif, les phrases sont des tubes parcourus de faisceaux rapides, tels des faisceaux de protons neutrons qui parcourent un milliard de Km/heure et entrent dans l’intimité de la matière.

De quoi faire exploser, dans ce polar métaphysique, la sourde influence de l’hystérie féminine*… Et revoir les étoiles.

Cette écriture est la seule fenêtre. Bravo ! »

extrait d’une note de lecture signée Alice Granger Guitard (« Sa formation scientifique ne l’a pas empêchée de s’intéresser depuis toujours à l’écriture. » ), à propos de Les Voyageurs du Temps de Philippe Sollers.
* nous soulignons.
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Published in: on janvier 31, 2009 at 9:32  Laisser un commentaire  

Pour qui sonne le Touk

Je vois une princesse. Une toute petite princesse. Je vois une toute petite bébé princesse.

Là.

Elle marche ; elle y va, elle se promène, touche à peine le sol
par pudeur.

Elle a peur, elle est décalée d’elle-même, juste à côté,

elle a peur comme elle sait.

Elle est impregnée de l’horreur du monde qui est.

Et hier, sonne hier,
le glas.

Je vois une princesse. toute petite princesse. Je vois une toute petite bébé princess

Elle y va, sans robe, avec des restes imaginaires et un livre sur la tête.

Elle prefererait oublier hier, mais comment demain se dit-elle.

Et elle a oublié aussi, comme elle sourit de biais absolument,.

Elle y va alors d’un just because mal accroché et grand.

Toute bébé à cause du monde qui est déjà là. La bébé toute peur comme princesse.

Et elle ne veut plus aussi.
Alors lumière.

Lumière absolument
Lumière dès que et touk !

Anna O. est  » auteur-compositeur et interprète, (…) [elle] chante et peint, elle chante et elle sculpte, elle chante et elle est aussi photographe et comédienne. Anne-Olivia Belzidsky est poète. Elle chante comme on sculpte, et cisèle ses textes clairs-obscurs sur d’ennivrantes lignes mélodiques. Matière… Matière et demi-jour, douce pénombre. Et que nul n’entre ici s’il n’est…, etc. Là. »

Là c’est ici. Si vous êtes…, etc, that is. Sinon, tristes sires, passez votre chemin.

Published in: on janvier 30, 2009 at 3:40  Laisser un commentaire  

J’kiffe grave le love

J’I Love… Un peu…

J’I Love les métros sexuels,
ils sont à la virilité ce que Ségolène est à la féminité

J’I Love les génocides
commis sous la bannière de la liberté en Afrique…
300 000 morts… tout à la machette, ça c’est du job

J’I Love dépenser plus que je ne gagne,
ça me permet de me payer aujourd’hui
ce que je ne pourrai m’offrir dans l’avenir

J’I Love les chiens de traîneaux,
ils ont les yeux d’Alain Delon et la queue de Demis Roussos

J’I Love les stars qui font leurs adieux tous les cinq ans,
on dirait l’éternel retour des morts-vivants

J’I Love les balais à chiottes,
ça me rappelle certaines de mes exs

J’I Love les vaches,
mais je boirai du lait le jour où les vaches iront en champ les vignes.

Stéphane Garnier est « Écrivain ».

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Published in: on janvier 29, 2009 at 7:05  Laisser un commentaire  

Pardon my… french

As i am being asked repeatedely for translation of some texts, please find my best pass on this one, please pardon my…french🙂

She looks through the windows at the joggers running around the Central Park reservoir. No sound reaches the eighth floor. Lying on the sofa she distractedly chews the brown strip bar she just bought furtively in front of Saks Fifth Avenue. 
A bitter taste that rises to the head and reminds her unconsciously of an afternoon she had spent on the deck of the boat of Jim Baker on Lake Tahoe. Jim wanted to take her on a tour of the brothels of the Nevada desert. She had given him a blowjob and it had made the day. Jim is dead anyway. An accident driving his Mustang. Two years? Three can not be. 

There are no more leaves on the trees at this time of the year and one can guess that snow will come without further delay. Another winter. 
She will soon be fifteen years old. Esther, her mother, had promised to call to celebrate. But she had already made the same promise last year, and with her trip to the Maldives islands, she had not been able to do it. The communications are not perfect it seems in those islands. 

Anyway she has bought several of the brown strips for the occasion with a few bottles of Russian vodka. In the jacuzzi on the terrace this should do the trick. She puts her shawl back on her shoulders. It’s cold tonight. 

She puts a Coldplay disc on, and watches her face nicely madeup in the mirror. She gently caresses her legs. They are smooth and thin. She could call Mike the concierge. She knows how much he loves to take her the doggy way on the sofa with his face turned towards Central Park. Once a week he takes her like this, in a violent way, sometimes two, when it burns too much between her legs. Well it’s too cold. It is said, she will call him. 

Mike never ends. He had promised, already a quarter of an hour ago, to be there in five minutes. He must still be commenting the last baseball game with Zak, his buddy from Harlem, in front of the building under the red canopy of the front hall. She is trembling of cold and hot. She looks down at the small horse carriages passing with their hord of hilarious tourists perched on them. They look so small. It is decided, if Mike is not there in ten minutes she will join them. She looks at her Rolex in a hagard way. There. Fifteen minutes already. She opens the windows, puts the shawl with great caution back on the sofa, adjusts her hair in the mirror, climbs the railing and jumps. 

The phone rings. Three rings before the answering machine begins to register . 

« Sweetheart it’s Esther, your mother, you need to tell me me what you want for your birthday and for Christmas. This is coming so fast » 

Yes it is true, it will soon be Christmas.

Marc de Gondolfo est un « traveller poet ». Nous avons respecté son utilisation de la langue anglaise et des pictogrammes informatiques. 
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Version originale
Et commentaires de lecteurs :
Dane said :
This text in english takes another dimension…
Very interesting! 
Indeed to you Gondolfo
Aretha said…
This ovly Gondolfo! Thanks for the translation, that’s a great english btw, better than mine hehe
Brigitte said…
Et la suite alors ??? Faut pas s’arrêter là quand même !🙂
Rose said…
Je viens te souhaiter une année 2009 a la mesure de ton espérance, Bonheur, paix, prospérité, mais surtout et le plus important une très bonne santé ainsi que ta famille!!! Bisous ………… Rose
Published in: on janvier 27, 2009 at 10:39  Comments (1)  

Oiseau à peu près

Le temps d’une nuit noire et blanche ou deux, cette petite stèle éphémère et virtuelle – aussi absurde bien sûr que toutes les commémorations dictées par l’arbitraire des chiffres ronds, presqu’anti-Nervalienne finalement, mais tant pis, car c’est surtout le prétexte, en manière de dédicace à tous les amateurs de saccharose et d’occultisme – souvent eux-mêmes inconditionnels de l’autocitation sous des prétextes vaguement Borgésiens, de tropisme labyrinthique – d’exhumer deux textes inspirés par « Geai rare »:

Nervalchimie, que JLK avait eu la très grande gentillesse (charité est peut-être le mot juste) de publier dans le numéro 70 (Juillet 2006) de son « Passe-Muraille », en version courte.

Pèlerinage à l’Usine à Gaz, que Philippe Sollers m’a réclamé à corps et à cris pour un numéro spécial Nerval de l’Infini, proposition que j’ai préféré décliner pour rester libre : va te faire foutre Philippe, je suis un poète maudit*.

Une anecdote d’un interêt secondaire : l’une des villes de mon enfance, que dépasse le narrateur de Sylvie en partance pour le Valois (son Pays d’Enfance), a baptisé une rue du nom de Nerval. Louable, malgré les chiffres ronds. Toutefois elle a commis une erreur en le faisant naître en 1805, comme cela est indiqué sur la plaque…

 

L’OrnithOrynque est un « poète maudit« 

 

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Published in: on janvier 27, 2009 at 10:37  Comments (2)  

Words, words, words

Notez bien

Difficile de redémarrer après le précédent billet, je suis comme sous l’emprise de ma propre injonction. C’est d’ailleurs toujours ce qui m’a diffusément angoissé dans l’écriture, le fait que le texte puisse devenir programmatique, prophétique, et finisse par conditionner l’existence.

Donc de fait je vous propose ce billet sans objet. En gros, juste des phrases, pour vous délasser, sortir de vous-même deux secondes. Mais attention ! Vous ne gagnerez peut-être pas forcément au change !! Vous prenez peut-être même un sacré risque !!!

Pour calmer je jeu, je vous annonce tout de suite que ce texte sans objet n’ira pas au delà de cinq paragraphes. Nous n’avons pas que ça à foutre, bien entendu.

Donc des phrases. En voilà déjà une de sept mots. C’est très facile en fait. Et je peux pratiquement écrire n’importe quoi. Par exemple: la journée était belle malgré les pluies intérieures, ou encore: j’aime le nougat et le magret de canard. Ensuite j’enchaîne avec celle-ci, un peu plus longue, avec des complications, des conjonctions subordonnées élégantes, des éclaircissements, et qui finit par s’interrompre brutalement sans aucune explication.

Tout cela pour aborder présentement l’ultime paragraphe de ce texte sans objet. C’est là que je boucle et que tout le monde descend. Vous pouvez maintenant regagner vos pénates, c’est la fin de la communication. Nous espérons que vous avez passé un agréable moment en notre compagnie, et vous souhaitons une bonne continuation.


Un jour sur terre bavarde.

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Published in: on janvier 27, 2009 at 3:11  Laisser un commentaire  

The stalkers of wrath

                                                                                               
Dans la forêt lointaine, on entend le coucou.
Du haut de son grand chêne, il répond au hibou.
Published in: on janvier 26, 2009 at 9:50  Laisser un commentaire  

La traque aux canards

Convié à la chasse aux canards,

Tôt dans le froid et la grisaille,

Je pars avec des campagnards,

Pourvu d’un fusil à grenaille.


Agenouillé dans la broussaille,

Je vois le soleil se lever ;

Soudain un tir et je tressaille,

Des oiseaux tombent-là crevés !


Un teckel dans sa gueule apporte

A son maître une cane morte.

Je me lève, gelé aux os

Mais sans avoir tué d’oiseaux.


Fiers du tableau et du carnage,

Les chasseurs rentrent vers midi.

A table va le bavardage ;

Je suis sans faim et assourdi !


Et chacun narre son exploit

En riant avec véhémence.

Je n’écoute plus ces sans-loi

Et pars leur laissant leur démence !

Joseph Nirrengarten est « poète et mari de l’indispensable secrétaire du centre du volontariat… »

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Published in: on janvier 26, 2009 at 9:49  Laisser un commentaire  

Vanity fair

« Restos, boîte de nuit, débat, retour… cuite. Retour sur mon stand. Serge Bramly, auteur de « Le premier principe, le second principe » ( prix Interralié) est à l’œuvre. Il fait chaud, le temps paraît long, mais je vends à l’américaine, debout. Un bonjour, un mot aimable et les visiteurs s’approchent, lisent la 4e de couverture. Beaucoup de femmes seules, divorcées ou abandonnées se confient : normal, j’ai publié « Le secret des couples qui durent » (J’ai lu, collection de cinq livres). Elles veulent faire une rencontre et m’achètent : « Nous deux la rencontre ». L’une d’elle, soixante cinq ans, attend depuis 25 ans l’homme de sa vie. Une autre se plaint que, dans son village, elle ne puisse rencontrer personne. Je file à mes interviews : Chérie FM Limoges, RCF… Oups ! Il est l’heure de déjeuner. Les auteurs se regroupent pour aller déjeuner à La truffe noire ou chez Francis, restaurant couvert de graffitis d’écrivains. On se bâfre, on boit et on revient signer, un peu sonnés ! Le soir, direction la boîte de nuit, Le cardinal. Auteurs, journalistes, attachées de presse se lâchent sur la piste de cette boîte rendue fameuse depuis la rencontre Doc Gynéco Angot. Qui sera le couple de l’année ? Sous l’œil d’une caméra de France 2, chacun guette un duo scandaleux. Beigbeder, DJ d’un soir, s’amuse : « juste après mes disques, ils ont mis du bal musette ! Certains ont cru que c’était moi ! » Les éditions Flammarion se montrent généreuses : vodka à volonté ! Arnaud Viviant ne quitte ni son manteau ni son chapeau. Anna Pavlovitch, Olivia Elkaïm, Isabelle Alonso, Guillaume Robert, Fabrice Pliskin, Soizic Molkou… swinguent. Ca balance pas mal…dans l’édition. A ne pas rater : le marché le foie gras frais aux figues. Avant de prendre le train du retour, je participe à un débat avec Hortense Dufour et Kenza du loft animé par Nathalie Six. J’ai un peu mal au cœur devant mon omelette aux truffes servie en face de Patrick Rambaud qui sera le lendemain, à 11h chez Drouant. Discussion sur le journal « S’Toys » avec sa rédac chef, Catherine Delmas. Promis, elle m’en enverra un exemplaire ! Paris : il est 23 h, on se quitte, comme après une colo ou plutôt un lessivage à grande vitesse. Il faudra bien compter deux jours pour se remettre. A quand le prochain salon ? »

 

Emmanuelle de Boysson est écrivain, auteur notamment du Secret des couples qui durent, normal.

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Published in: on janvier 25, 2009 at 11:03  Laisser un commentaire  

Quand on aime, c’est facile

 

Les livres de François Martini

Posté par valychristineoceany le 23 janvier 2009

”Valy-Christine Océany, qui me fait l’honneur de son amitié sur Facebook, vient de Roumanie. Son roman traite du désir d’émigration, et de la réalisation de ce rêve. Valy Christine raconte l’aventure de trois Roumaines dans un style très méticuleux, où l’on sent une approche respectueuse du français, langue étrangère, considéré comme un trésor, un peu comme chez Chahdortt Djavann.

Joli roman caché derrière sa couverture typographique trop austère.

Valy-Christine Océany. D’un pays l’autre. Demeter, Orléans, 2008

F. Martini (Facebook)

François Martini est un écrivain en herbe, en effet plus que ça.  Il respire et inspire l’originalité comme nous autres, on respire l’air pour y vivre. 

L’originalité de François réside dans son écriture, mais aussi dans la façon de s’auto-publier. Il crée tout seul ses livres, le contenu puisque c’est lui l’écrivain, en suite, il construit la couverture, il colle les pages une par une, il écrit la quatrième couverture, il s’amuse aussi bien en écrivant qu’en reliant ses livres. Il est le tout créateur de son oeuvre.voir ici

L’écriture de François Martini est très différente de la mienne ce qui fait de nous, deux écrivains très distincts*. Son style est un peu loufoque, léger et piquant, agréablement science-fiction dans un monde tout à fait réel. Donc, il aime écrire François, mais il aime aussi lire.

Voici ici  sa bibliothèque très personnelle et, une fois de plus, originale.

 

(*Nous soulignons.)

Extrait du site de Valy Christine Océany.

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Published in: on janvier 25, 2009 at 11:02  Laisser un commentaire  

Dans les commencements

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Published in: on janvier 25, 2009 at 9:50  Laisser un commentaire  

Don de langue

Briande

I feel going and sleeping on the sand,
Hot stones…
Ashes laying, disappear with the flow
Of an undetermined element,
Infinite breath,
Mistral,
Consume, come on. 

Swallow and take a deep breath
Stop this stupid game with yourself
Repeating limits, eternity.
What a crazy human thought

Floatting with the wind, stars
Human need , 
Bricks, red ones
Boiled with your own 
Bloody building emotions

Look at you girl ? What ? 
Listen to this strenght, 
This warness through your body
Acute look through the night
What ! eat or hit the answer ?

No passing by, 
Get to the front,
Enter in the Water
.

Ju is « rythm, sensations and feelings hit by words ».
Source
Published in: on janvier 24, 2009 at 10:20  Laisser un commentaire  

C’était tout, en effet

« Marc était chaleureux et sympathique, il avait envie de rapports intimes, tout en étant réservé il aimait parler. C’était un intellectuel de la rive gauche, décontracté, rieur, pas très grand, petites lunettes pour lire qu’il posait sur le bout du nez au lieu de les mettre et de les enlever, il lisait la carte au restaurant puis levait les yeux par-dessus pour vous parler. Il avait une voiture pour les longues distances, un scooter pour aller d’un rendez-vous à un autre en évitant les encombrements, un vélo parce qu’il aimait ça: sa pensée restait active, pendant qu’il se déplaçait à un rythme tranquille, en silence, il réfléchissait. Il aimait faire le marché, la cuisine aussi. Les cèpes. De temps en temps un très bon restaurant. Il aimait bien. Il s’occupait de ses enfants, même s’il les voyait peu, il était séparé de leur mère depuis trois ans. Il travaillait beaucoup. Il avait toujours beaucoup travaillé. Il faisait une belle carrière, il avait un bon salaire. Il habitait dans le quartier de Paris qui correspondait à ses centres d’intérêt, et lui permettait en même temps d’avoir une vie de famille. Le quatorzième. Le travail, l’école, les lieux de rendez-vous étaient proches les uns des autres. Il lisait beaucoup, allait au cinéma une fois par semaine, de temps en temps au spectacle. Il recevait les invitations mais évitait les premières, il était rédacteur en chef d’un journal culturel, si parfois il y allait, c’était pour gagner du temps, ça évitait d’avoir à réserver soi-même, c’était tout. »

 

extrait de Le Marché des Amants, de Christine Angot.

Published in: on janvier 24, 2009 at 10:19  Laisser un commentaire  

Cornes qui brillent

« J’ai enlevé des tas de trucs que Chirac avait laissés. Il y avait une grande corne de… (Il fait un geste.)

– De rhinocéros ?

– Non… Tu sais les types qui sont dans l’eau, qui ont une corne… Tu vois ? (Je ne vois pas et lui ne trouve pas le mot…) Tu veux un café, un jus d’orange ?”

Il s’est assis sur une banquette dorée, moi sur un siège doré. Entre nous une table basse étroite, genre chinoise. Tout est doré, rideaux dorés, moulures dorées, tapisseries dorées.

Je dis : “Tu es content ?

– C’est le mot que tu choisis ?
– Je ne vais pas dire heureux.
– Je suis serein.
– Serein, c’est bien.

– Oui. Je suis content en profondeur, mais je n’ai pas de joie. »

Extrait de L’aube, le soir ou la nuit, de Yasmina Reza

Published in: on janvier 24, 2009 at 10:18  Laisser un commentaire  

So…what’s knocking ?

« Ce qui frappe dans Nostromo, l’un des plus grands romans de Joseph Conrad avec Lord Jim,Victoire et bien sûr Cœur des ténèbres qui est une longue nouvelle, ce n’est pas la complexité de la trame narrative, les libertés fulgurantes prises avec la chronologie des aventures façonnant l’imaginaire république sud-américaine du Costaguana, la fluidité de l’écriture ni même la facilité déconcertante avec laquelle l’écrivain, usant pourtant d’une focalisation toute simple (pour ne point avoir à utiliser le commode charabia de Gérard Genette qui écrirait : une focalisation zéro ou narrateur omniscient*), paraît nous donner l’illusion qu’une multitude de narrateurs travaillent pour un seul et lui font leur rapport, alors que celui-ci, qui passe d’une scène à l’autre, d’un jour à l’autre, d’une époque à l’autre avec la même légèreté que le vent soufflant sur l’abîme des premiers âges, compose, pour ainsi dire sous nos yeux, le texte que nous lisons comme s’il s’agissait de fabriquer un seul tapis à partir d’une multitude de motifs, de fils et même de tissus hétérogènes.« 

* Nous soulignons, d’une affectueuse inversion des guillemets, le glaviot stalkérien dans la soupe de Genette

Juan Asensio est « tout fourbu« .

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Published in: on janvier 23, 2009 at 11:37  Laisser un commentaire  

Entre 13h12 et 13h38

« Treize heures douze. J’enfile mes chaussettes, mes chaussures en cuir toutes neuves. Je cours à la salle de bain, ma cravate à la main. Je noue le nœud face au miroir. Je m’applique. Mes mains tremblent un peu. Je dois m’y reprendre à plusieurs fois. A la fin, j’ai envie de m’énerver, mais ça n’est vraiment pas le moment. Il vaudrait mieux que j’essaie de me calmer. J’enfile ma veste, je me contemple une dernière fois. Les cheveux, le nez, la bouche, la cravate, la ceinture, tout est ok. Je regarde ma montre. Il est treize heures trente. Je suis à la bourre.
Je sors de ma sacoche un petit comprimé blanc, je le coupe en deux pour limiter l’effet et je l’avale. Il faut compter une petite demi-heure. Ça devrait concorder. Je cours à la cuisine, je remplis une petite bouteille d’eau, j’en fous partout. J’en bois une gorgée au goulot. J’ai la chemise un peu mouillée mais je me dis que ça va sécher. Je regarde ma montre. Treize heures trente-cinq. Je retourne dans la salle de bain, je me mire encore, je vérifie que tout va bien.
Je me parle tout haut alors que je ne fais jamais ça*. Je dis : « Tu vas le faire, c’est rien. » Je retourne à la cuisine pour vérifier que j’ai bien fermé le robinet, que les plaques chauffantes de la cuisinière sont éteintes. Je cours aux toilettes et je pisse encore un coup, la troisième fois en moins d’une heure. Je vérifie que la chasse ne coule pas. Il est treize heures trente-huit. Je sors en courant.« 

* Nous soulignons

Extrait de Premiers pas de Icelos, « rêveur ».

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Published in: on janvier 22, 2009 at 7:05  Laisser un commentaire  

Un pa(rang)on

volaille

Published in: on janvier 22, 2009 at 7:03  Laisser un commentaire  

Birdy Miam Miam

charognards

Published in: on janvier 22, 2009 at 6:59  Laisser un commentaire  

Douloureuse banalité – bis

« Les premiers symptômes sont apparus très tôt. Mes ongles sont devenus rouges, un rouge vif de supermarché, légèrement écaillés au bout, comme ceux des putes ou des femmes de ménage*. Comme les siens surtout. Chez elle, ce laisser-aller était une revendication. Elle s’était accordé le droit de snober ces détails sans importance. Qu’on l’envie ou qu’on la haïsse, elle se moquait pas mal des regards posés sur elle. De toute façon, le monde, elle le tenait entre ses longues mains. Logé au creux de sa paume comme une bille de verre. Elle aurait pu jouer avec ou l’oublier dans un fond de poche. Qui aurait osé lui en faire le reproche ? Moi, je n’ai même pas eu le temps de me méfier, perdue dans la valse des catastrophes qu’elle provoquait tous les jours avec une rigueur maniaque. Je me suis jetée dans ses griffes avec une certaine allégresse.

Si j’avais eu un peu d’intuition, je ne serais jamais entrée dans cette boutique au néon clignotant, un néon qui hoquetait fièrement Mariage 2000 . Je l’avais choisie au hasard, un soir ou je descendais le boulevard Magenta. J’avais repéré de loin sa grande enseigne rose et son offre imbattable sur la vitrine : « − 20 % sur les voiles en mousseline ». On approchait de l’été et mes parents m’invitaient à chercher un emploi pour les vacances. « Au lieu de méditer sur ton avenir à une terrasse de café, je te propose de trouver un petit boulot, histoire d’enrichir ton expérience. » C’est comme ça qu’elle l’avait dit, ma mère, en détachant bien des syllabes exaspérées et en donnant à son propose l’allure d’une menace terroriste. »

* Nous soulignons.

Extrait de La fabrication d’un mensonge, d’Audrey Diwan, journaliste, chef de rubrique, éditrice free-lance, auteur.

source

Published in: on janvier 22, 2009 at 6:56  Laisser un commentaire  

Douloureuse banalité

 « J’observe le monde autour de moi. Toutes ces personnes si différentes les unes des autres, qui vivent machinalement. L’enchaînement de leurs gestes. Tous ces visages effacés. Je regarde évoluer la vie des êtres pressés, toujours trop pressés. Je vois ainsi des rires épars, des joies tristes, des peines sincères aussi et surtout. Jamais de distance entre leurs actes. Trop de vitesse étourdissante.
Un bouleversement continu perturbe les gens. Les brise, faisant d’eux une multitude de petits cratères près à exploser ou pire, à imploser.
Un lointain souvenir me revient en mémoire. C’était, il y a plusieurs années. De longues années. Un souvenir pas forcément douloureux, plutôt triste, doucement lancinant. 
 »

extrait de Leçons de vie Points de vue, idées de vie de  Marie Barrillon, « une maman épanouie. Elle partage sa vie entre ses enfants qui la comblent, son travail et surtout sa passion pour l’écriture.« 

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Published in: on janvier 22, 2009 at 8:52  Laisser un commentaire  

Démise en abyme


J’écris un roman – suite 9

 

« Voilà la première partie du manuscrit que j’ai intitulé provisoirement « Un roman ». Titre tout simple, mais je n’en avais pas un autre en tête pour l’instant. Donc, nous l’ appellerons ainsi !

 

Après avoir décacheté l’enveloppe bleu ciel qu’il venait de retirer de sa boite postale, Serge Duval déplia avec un soupçon d’espoir, le mince feuillet de la même couleur. Si l’éditeur dont il avait lu le nom en en-tête à gauche de l’enveloppe prenait la peine de lui écrire, c’était peut-être parce qu’il avait réussi à accrocher son attention ? Ses mains tremblaient un peu et l’enveloppe lui échappa, tourbillonna pour atterrir à ses pieds. Il ne prit pas la peine de la ramasser, impatient de prendre connaissance du contenu de la missive. Il survola des yeux les phrases qu’il connaissait bien :

Paris, le …

Monsieur,

Nous avons pris connaissance avec intérêt des (l’)ouvrage(s) ci-dessous, que vous nous avez adressé(s) :

« Au devant de la vie »

Nous regrettons de vous informer qu’il ne nous est pas possible d’intégrer ce(s) titre(s) dans le cadre de nos collections actuelles.

En vous remerciant, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos meilleures salutations.

Pierre Gonjours

Editeur

Au fur et à mesure de sa lecture, le demi-sourire qu’il affichait depuis quelques secondes, s’affaissa. Encore une énième lettre de refus, pensa-t-il. Polie, mais de refus tout de même. A croire qu’il en faisait la collection. Il replia soigneusement le feuillet et le fourra dans la poche de sa chemise. En rentrant, il la rangerait dans un classeur rouge nommé « lettres de refus » et essaierait de l’oublier, comme quelques dizaines d’autres.

Serge Duval n’avait pas toujours essuyé que des refus. Il avait été édité deux fois par une maison d’édition locale, et pour ces deux premiers romans. Il avait le titre d’écrivain, même si pour vivre il était obligé dans la vie de professer. Il enseignait le français dans un lycée de son quartier. Ce travail lui plaisait et lui laissait du temps pour écrire. Longtemps, cela avait été son jardin secret, jusqu’au jour où sa fiancée, Julie Clark, était tombée sur un premier manuscrit. Elle l’avait soigneusement lu et enthousiasmée, l’avait envoyé à un éditeur de la place qu’elle connaissait bien. Elle avait su les convaincre de prendre et d’éditer l’histoire qu’il avait écris. Le deuxième roman avait suivi l’année d’après.

Reconnu par la population comme un bon romancier, il était devenu le porte parole de tous ceux qui écrivaient dans le pays. »

 

Nicole Calandra est « auteur(e) littérature jeunesse« 

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Published in: on janvier 22, 2009 at 8:35  Laisser un commentaire  

Seuls les anges ont des ailes

Du berger :

Récolte de ce que l’on sème
S’aime-t-on
Vraiment un jour ?

Sème-t-on
Pour aimer
Ou simplement l’envie
D’être aimé ?
 »

(Max de Backer, extrait de Les anges sont en nous)

à la bergère

« Cher ami,

Friande de vos mots,
J’attends avec hâte vos écrits
Qui me bercent d’infinis.

Je crois en Vous,
Votre talent indubitable
M’invite à votre table,
Pour boire à Nous.

Continuez dans cette voie,
Et nous n’aurons d’autre choix
Que de vous élire notre Roi.
 »

(Une admiratrice)

Max de Backer est « un jeune et nouvel auteur belge« .

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Published in: on janvier 20, 2009 at 7:43  Laisser un commentaire  

L’œil était dans la tête

Pingouin

Published in: on janvier 20, 2009 at 8:09  Laisser un commentaire  

Poetry is a coy mistress

« Il y a quelque chose de fascinant dans l’expression poétique… une possibilité ouverte de débarrasser le flux de l’écriture du cadre obligé de la narration. Pas de nécessité d’être intelligible de manière explicite, de passer par les pas strict des histoires. 
Et c’est un espace d’expérimentation avec le fuel pur des mots. J’ai assez tôt expérimenté dans ce media, d’abord sous une forme classique, puis en tant que songwriter pour divers groupe musicaux quand j’avais 16 ou 17 ans, pour finir addict aux vers libres et aux haiku. Deux de mes compositions sont allées jusqu’à l’étape du passage radio et du video-clip. Ceci ayant attiré, par je ne sais plus quel hasard, l’attention d’un chanteur (ahem) populaire (= carrément ringard) et ayant été horrifiée par l’insistance de certains membres de mon entourage à lui fournir des textes (tu prends le fric et tu t’en fous) j’ai tué dans l’oeuf, à coups de talons, cette « carrière naissante » possible. Ouf !
En conséquence de quoi, très peu de mes nombreux « crimes poétiques » ont eu une vie hors des cahiers où ils ont été griffouillés.
Mais vu la régularité des (tendres ?) reproches qui sont faits à mon style par trop poétique, je suis assez tentée de sortir une partie de ces « ravings » un de ces jours, juste pour dire « eh oui ! et alors quoi ? Vous allez m’inculper ? ». Stay tuned…
  »

Léa Sihol est mad songwriter and fuckin’ poet.

Do you really want to stay tuned ? 

Published in: on janvier 20, 2009 at 12:38  Laisser un commentaire  

Bonjour destin

« Le destin, que l’homme a considéré depuis toujours comme une puissance supérieure aux dieux, se met parfois, sans qu’on sache pourquoi, à lui jouer des tours, souvent plus mauvais que bons, auxquels il lui est impossible d’échapper.

Philippe Bonjour venait, à quarante-huit ans, et pour la première fois de sa vie, de subir ses caprices. Optimiste de nature, pourvu d’une solide constitution et de nerfs à toute épreuve, il était sorti presque indemne du dégraissage drastique de l’entreprise qui l’employait depuis près de quinze ans. Le licenciement collectif de plus des trois quarts des effectifs de la Kerries Airlines où il était commandant de bord, avait défrayé la chronique par sa soudaineté et sa brutalité.
Presque au même moment, comme si ce même destin avait voulu le dédommager, un autre évènement, plutôt heureux celui-là, se produisit revêtant la forme d’un héritage lui revenant sans partage.
Il décida donc de cesser de se tourmenter pour des choses sur lesquelles sa volonté n’avait aucune chance d’influer, espérant au contraire, avec force, tirer profit du bouleversement heureux de son existence.
Philippe avait enfin le temps et les moyens de réorganiser sa vie comme il en avait toujours rêvé et d’en jouir le plus loin possible de l’agitation du monde et de sa violence.
Il était à cent lieues de se douter que l’inconstant destin qui, décidément, s’intéressait beaucoup à lui, allait sous peu lui réserver de nouvelles surprises, plus éprouvantes encore…
 »

Présentation de l’éditeur : « C’est par ces lignes que commence le roman co-écrit par Danielle Akakpo et Jean-Noël Lewandowski. Ils y retracent un épisode de la vie de Philippe Bonjour, quadragénaire soudainement confronté à des évènements qu’il ne parvient pas à dominer et qui l’auraient sans doute conduit aux frontières de la folie si quelques heureuses rencontres ne l’en avaient sauvé de justesse.

Un homme de Trôo est un roman d’aventure et d’amour où l’amitié tient, elle aussi, une grande place, et dont l’action se déroule entre Bazoches sur Hoëne, dans le Perche Ornais, près de Mortagne-au-Perche (61) et la vallée du Loir, entre Montoire et Vendôme (41). »

Source

Published in: on janvier 19, 2009 at 10:36  Laisser un commentaire  

En avoir ou pas

« Je sens bien que papa se sent assez mal. Il n’est plus aussi puissant. Mais il garde le cap. Le sourire et le verbe haut. Mais le soir, en calbute bourrant ses couilles énormes à mort, il s’épanche en picolant des lards de binouzes Ed ou Lidl, la louz du picolo… « Pine au cul-yo! C’est l’rap du vieux skin. » Il gesticule dans son fauteuil. Se gratte les couilles et jette parfois un oeil au travers de la fenêtre crasseuse. La salope de fenêtre la cradingue. Il regarde successivement, rapidement, la télé et la fenêtre cradingue.

« Avec ta mère, on allait souvent à Londres. C’était mon truc de jeune skin tu vois? »

J’acquièce, couillon.

Il se lève, se dirige vers la télé, se baisse vers le meuble télé, passe la main derrière le meuble télé, et se gratte une ultime fois la raie avant d’aller extirper une cassette VHS de derrière la vieille nouvelle technologie… J’ai reconnu la cassette. Hep. J’ai r’connu. J’sais bien ce que c’est. Il fait tourner l’objet sous ses yeux, face à moi, pour me faire rougir… Et enchaîne comme un couillu j’m’en fous qu’il est:

« Tu peux mater des films de cul. C’est bon signe fils. C’est pour ça que je veux plus internet. T’aurais eu accès à tout et n’importe quoi. Ces trucs de colorés qui font passer tous les blancs pour des coupables, leurs grosses merdes valent pas mieux que nous. Ils disent le métissage, qu’ils trouvent ça beau des métis. Moi j’trouve pas ça beau. C’est mes goûts. J’aime les blancs. Les petits garçons et les petites filles blanches. Je fais chier les congolais qui r’gardent blancs comme des salauds dans leur pays moi? Moi j’ai les blancs, la culture blanche… Le reste j’aime pas… J’veux bien que tu te touches la bite sur des films de cul des années 20 – 30, d’avant même. C’est sain. Les gens connaissent pas ça. Faut imaginer, à l’époque, les mecs, dans ces films là, ils léchaient la chatte des femmes. Ils leur faisaient des cuni, avant l’heure. Des avant-gardistes de la libération sexuelle de ces salopes de gauchos de merde. Ils léchaient les founes, les faisaient mouiller quand presque tous les mecs faisaient que vider leurs boules sans réfléchir. C’était le bonheur. Ils baisaient moderne dans les films pornos des années là. C’était un truc inventé par nous, le cuni filmé putain. Un truc de blanc ça… Filmé l’cuni et la pipe. Prendre la caméra, et hop faire des films de bites, des trucs de chattes… La libération sexuelle mon fiston! »

J’avoue, j’ai la bite en feu. Le fait qu’il fasse l’effort de dire ça, le facilite, à mes yeux… Certes.

Demain y’a du boulot, mais ce soir, c’est picole, et branlette ensemble, papa et moi... »

 

extrait d’ « Un Homme Clitoridien », nouvelle préparatoire  à un roman en cours d’écriture, par Andy Vérol, « petite frappe de la littérature« .

source

Published in: on janvier 19, 2009 at 10:35  Laisser un commentaire  

Inspiré ?

marabou

Published in: on janvier 19, 2009 at 4:56  Laisser un commentaire  

La farandole des desserts

« Comme c’est le cas chaque fois que paraît un roman de Sollers, il se trouvera forcément ici ou là un esprit grincheux – on peut parier qu’ils seront même un choeur tout entier – pour décréter, péremptoire : mais enfin, ceci n’est pas un roman ! Effectivement, à qui envisage le roman comme une narration pure et simple, une démonstration tendue comme la corde d’un arc, mieux vaut conseiller d’emblée de passer son chemin. Pour Philippe Sollers, la forme romanesque n’a pas de ces rigidités – elle est un jeu, une mécanique des fluides, un mouvement perpétuel, une dynamique discursive. Seule contrainte à elle imposée : se situer à l’exact croisement de la poésie et de la pensée. Et il se trouve que c’est là, à ce carrefour très précis, que sont plantés le décor et l’action des Voyageurs du temps.

Qui sont-ils, ces fameux voyageurs, qui ont déjoué l’horizontalité prétendument inexorable du temps, et guident en ces pages le narrateur sollersien vers un semblable défi ? Des musiciens, des peintres, des poètes surtout, nommés Rimbaud, Hölderlin, Kafka, Lautréamont, Dante bien sûr, d’autres encore, qui, loin de nous faire entendre leur voix du fin fond des décennies et des siècles, sont nos contemporains, habitent les quatre dimensions du temps, le passé, le présent, le futur et même, ajoute Sollers, « un quatrième terme qui se retrouve tant au début qu’à la fin ».

On se promène tour à tour à Paris et à Venise, sur l’île de Ré et au Sichuan. La ronde des citations et des réflexions donne le vertige. De quoi retourne-t-il, en fait, dans cette méditation poétique et politique, en forme de monologue déluré, jouisseur, profond ? De ce qui aimante, depuis toujours, l’attention de Sollers : l’homme, la création qui transcende, intensifie, élève à l’infini l’expérience humaine. Rien que cela ? Oui. Mais l’importance de l’enjeu ne justifie nulle pesanteur de la pensée, de l’écriture – elles sont ici radieuses.« 

Critique par Nathalie Crom, de Télérama, des Voyageurs du temps, roman de Philippe Sollers.

Published in: on janvier 19, 2009 at 12:37  Laisser un commentaire  

I’m just a jealous guy

« Eat shit ! Billions of flies can’t be wrong ! — Le titre de cette note se passe, je crois, de commentaires et se veut le contraire absolu, bien évidemment vulgaire et vil prodigieusement*, de la conception que je me fais de la littérature : les mouches à merde, dont la population se compte par dizaines de milliards d’individus, se trompent apparemment mais il est vrai qu’elles ont moins de discernement que les abeilles de Delphes. Désirant me reposer quelques heures de la lecture du remarquable Nostromo de Joseph Conrad ou des textes surécrits** de Gustaw Herling, tout fourbu** d’avoir arpenté la Zone pour y évoquer la magnifique Cristina Campo ou Michel Houellebecq, je me contenterai pour une fois, tout en observant, le regard amusé et un peu dégoûté, la copulation aussi éphémère que frénétique de ces vendeurs d’andouilles à la fraîcheur suspecte qui osent s’appeler écrivains, de recopier deux extraits d’un papier de Mohammed Aïssaoui et Dominique Guiou dont l’intégralité peut se lire sur le site du Figaro.
‘Que révèle le cru 2008 ? «Marc Levy reste numéro un, mais il est talonné par Guillaume Musso», commente Alice Cousin Crespel, analyste marketing au sein du cabinet d’études GfK, avec lequel nous avons réalisé ce palmarès. Elle ajoute : «Katherine Pancol fait une entrée remarquée et prend la sixième place, juste derrière Amélie Nothomb, une habituée du classement.» Une aubaine pour Albin Michel : Pancol et Nothomb appartiennent à cette maison d’édition, qui compte deux autres auteurs classés parmi les dix romanciers qui vendent le plus de livres, Bernard Werber et Éric-Emmanuel Schmitt. Signalons que Maxime Chattam, lui aussi auteur chez Albin Michel, arrivé en neuvième position l’année dernière, rate cette année la dixième place pour quelques milliers d’exemplaires.
[…]
À lui tout seul, Marc Levy réalise 17,7 millions d’euros de chiffre d’affaires; Anna Gavalda atteint 15,4 millions d’euros et Guillaume Musso dépasse les 13 millions d’euros. Autant dire que ces plumes ont des chiffres d’affaires que bien des PME rêveraient d’atteindre. Bien évidemment, ces sommes ne vont pas dans la poche des auteurs, loin s’en faut : un tiers revient aux libraires, près de la moitié est consacré à l’impression, à la diffusion et à la distribution. Il reste pour le romancier entre 12 et 14 % (selon les termes du contrat signé avec son éditeur) du prix public du livre en édition courante (et beaucoup moins quand il s’agit d’une édition de poche).»

(* Mind the chiasmus)

(** Nous soulignons. NdlR)

Juan Asensio arpente la Zone littéraire.

 

Source.

Published in: on janvier 18, 2009 at 11:26  Laisser un commentaire  

Tiens, v’là du dindon

dindonneau

Published in: on janvier 18, 2009 at 4:41  Laisser un commentaire  

Qu’elles volent donc

 

Il pleuvait cette nuit là.
Une pluie fine qui glace,
La ville qui s’ennuie,
Les amants qui s’enlacent.

 

Soirée de brumes et de grisaille,
D’un automne naissant,
Présageant les semailles,
Et l’époque du faisant.

 

Lumières d’une ville,
Eclairant la tristesse,
Des vies solitaires,
Des individus dans la peine.

 

Bruissement de campagne,
L’hiver s’installe ci et là,
A tant d’autre pareil,
Volent les feuilles rousses.

 

Grogne, de Jérôme Cayla, « primo-romancier et poète ».  

 source

 

Published in: on janvier 18, 2009 at 12:00  Laisser un commentaire  

Il suffira d’un signe

« J’arrive péniblement jusqu’à l’entrée de mon chemin qui était complètement noyé et boueux à souhaits, et c’est vers le milieu de la forêt que j’aperçois soudain une silhouette qui me fait un signe de la main.
Etant donné le temps, et le fait que cette personne était chez moi, je stoppe la voiture et elle s’y engouffre sans demander quoi que ce soit.
Là, à ma grande stupéfaction, je me rends compte que ce bipède mouillé est une jeune femme dont la coiffure ressemble plus à une serpillière de ballet espagnol qu’à un être humain, mais que son visage est d’une beauté extraordinaire avec des yeux émeraude presque dorés.
Après s’être excusée et m’avoir souri, elle m’annonce qu’elle s’est perdue en se promenant et qu’elle ignore complètement où elle se trouve.
 
Suite à un court dialogue, nous nous sommes retrouvés à l’intérieur de mon chalet où j’ai fait immédiatement du feu pour réchauffer l’atmosphère après lui avoir donné une serviette éponge pour s’essuyer la tête.
Puis le temps de préparer une boisson chaude et quelques ingrédients pour accompagner ce goûter, je lui ai proposé de prendre une douche et d’enfiler un peignoir afin de faire sécher ses affaires près de la cheminée.
Nous avons discuté gentiment au coin du feu de choses et d’autres, quand petit à petit la conversation s’est orientée vers le paranormal et tout ce qui en découle.
C’est là où je voulais en venir!
Vous savez que je m’intéresse beaucoup à ces sujets et je commence à en connaître un rayon, mais là, je dois dire que je suis tombé sur quelqu’un qui a trouvé le moyen de m’en apprendre encore
! »
 
Extrait de Divine Ithée.
Emmanuel de Careil est « auteur de romans, livres, articles divers et guides touristiques« .
Source
Published in: on janvier 17, 2009 at 6:18  Laisser un commentaire  

On vous aime

« Finalement vous avez un physique assez ordinaire. Mais comme vous écrivez, que vous êtes connue, qu’on vous voit partout, à la télévision, dans les journaux ou là, dans ce café, on vous trouve belle et on vous aime. C’est pour ça que vos livres ont du succès, parce qu’on vous voit partout et qu’on vous aime.
(…)
A propos de Rendez-vous, la critique n’est pas très bonne alors il faut vous démener pour sauver le livre. Les mauvaises langues disent que c’est votre roman le plus mal écrit, mais ceux qui le prétendent ne vous connaissent pas bien. Tout le monde sait que le succès de vos ouvrages ne tien pas à la qualité de l’écriture. Le succès, c’est vous. (…) Dire que vos livres sont mal écrits, c’est comme dire que la neige est blanche ou que le samedi est la veille du dimanche. Alors pourquoi commencer à vous descendre avec ça ? Il y a tant d’autres choses à dire.

(…) Il y a eu Duras avant vous. Vous aimez bien la comparaison avec Duras, je le sais. Vous faites tout pour cela. Vous, c’est un peu comme Duras mais ce n’est pas Duras. »

 

Quelques jours avec Christine A. est le second roman de Frédéric Andrau, « qui vit entre Paris et Normandie ».

Published in: on janvier 17, 2009 at 1:32  Laisser un commentaire  

Interlude

corneillenoire

Published in: on janvier 16, 2009 at 10:20  Laisser un commentaire  

Visite guidée

« Il fait encore nuit, l’aube pointe le bout de son nez et la lune pleine et ronde, par le vent du Nord, frais et sec, se fait bercer. Les rues de cette bourgade de la région parisienne sont calmes et vides, les pavillons, eux, sont sombres et paraissent inertes. Simplement, ici ou là, s’affichent de timides lumières où des riverains se préparent déjà pour une nouvelle journée de labeur, démarrant de bonne heure. On se laisse peu à peu transporter par la bise vivifiante vers une place où des maisons de style anglais en briquette rouge, au format identique, se dressent devant nous. des feuilles mortes s’envolent sans bruit au grè du souffle d’Eole. Les voitures, respectant cet ordre bien établi, sont rangées en épi de chaque côté des routes. En continuant notre course, nous faisons front à une bâtisse les volets clos. Une maison d’une trentaine d’année qui n’en laisse pas de traces, remise au goûts du jour et de ses occupants. L’air nous engouffre sous la porte et nous permet d’en distinguer ses entrailles. Après une petite entrée de desserte, se présente le salon, la salle à manger, quelques meubles, une télé, une table ronde pour les dîners, des chaises en fer forgé. Plus loin, on trouve une cuisine aménagée à l’américaine avec une table de cuisson centrale. Les couleurs de l’ensemble sont d’une teinte jaune patinée à l’ancienne et le sol carrelé de façon claire et chiné. Le jardin se trouve sur l’arrière avec un accès sur le garage dont le mur est mitoyen du voisinage. Le souffle qui nous mène se disperse vers l’étage où sont disposés trois chambres, un bureau, deux salles de bain. Plus haut, se situe un grenier aménagé en salle de jeu sous les combles.« 

À l’horizon d’hier est le premier roman de Sylvain Lambert, auteur.

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Published in: on janvier 15, 2009 at 7:20  Laisser un commentaire  

À venir…

owl

Published in: on janvier 11, 2009 at 11:55  Laisser un commentaire  
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